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Mémoire et Histoire 
Présentation historique générale
1909 2009 Centenaire de la traversée de la Manche par Louis Blériot
Les rues ont une histoire...
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Mémoire et Histoire

Les rues ont une histoire...



 Edito


 La  commune connaît actuellement une forte augmentation de la population en raison de la réalisation de nombreux lotissements. Cette «urbanisation » modifie le paysage communal. Des rues apparaissent, dessinant un nouveau réseau de communication urbaine, d’autres n’existent plus. Qui se souvient par exemple de la Place d’Alger, du sentier des jardiniers, du sentier des amoureux ? Sangatte Blériot –Plage compte plus d’une soixantaine de rues. Mais depuis quand existent-elles ?  Que signifie leur nom,  comment est-il attribué ?
Nous n’avons pas la prétention de dresser de manière exhaustive la mise en place des voies communales telle que nous les connaissons à l’heure actuelle.
Mais, en nous basant sur les documents conservés dans les Archives Municipales,  nous en dresserons les grandes lignes.
Ce premier fascicule nous conduira jusqu’au début du 20ème siècle.



 I



La plus ancienne voie dont nous ayons conservé la trace est sans nul doute « la Leulène ». Ce chemin celtique, utilisé par les romains, reliait Thérouanne à Sangatte et partait probablement même de Rome. Un chapitre lui est consacré dans les chroniques des antiquaires de la Morinie
  « Rome et Sangate ! la capitale de l’ancien monde, la ville tout puissante et éternelle et la chétive bourgade des dunes de la Morinie, Sand-gate, le trou ou la baie des sables, comme l’ont appelé ses anciens habitants ; Ce sont là sans doute deux extrêmes bien opposés ! … Ces deux extrêmes si opposés Rome et Sangate se touchaient en réalité. Ils étaient unis par une chaussée la plus longue peut-être de l’Empire.Cette chaussée c’est celle qu’on appelle encore aujourd’hui  la  Chaussée de Brunehaut * au-delà de Thérouanne, et la Leulène à partir de cette ancienne ville jusqu’au détroit. Elle partait de Rome, passait à Milan, à Vienne en Dauphiné, à Rheims, à Cambrai, à Arras et à Thérouanne…. La chaussée de Leulène, que nous verrons être encore au douzième siècle une route royale très fréquentée…
Si l’on en croit Marin Bailleul, curé de Sangatte au début du XVIIème siécle, auteur d’un curieux manuscrit intitulé  « Antiquitez plus remarquables de la ville et port de Calais et du pays reconquis »Les armées romaines auraient empruntés fréquemment cette voie dans leur conquête de la Gaule. Jules César, préparant ses expéditions en Angleterre serait même venu camper aux Noires-Mottes. Si certains historiens situent le portius itius à Sangatte il est plus probable que la Leulène aboutissait à un établissement considérable dont la grande partie est maintenant ensevelie sous les eaux.


Sangatte au 19ème siècle, Victor-Jules Vaillant

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Carte des voies gauloises et romaines


 II



La disparition graduelle de l’organisation administrative des Romains fut dommageable à la viabilité des routes. Ces voies avaient été établies dans de telles conditions de solidité qu’elles purent, longtemps encore, satisfaire à toutes les exigences de la circulation.
*Au VIème siècle, la reine Brunehaut fit remettre en état les anciennes voies romaines  qui se trouvaient alors fort délabrées et la postérité, reconnaissante de ce bienfait, les désigna depuis sous le nom de chaussée Brunehaut. (Brunehaut est née vers 533. Fille du roi des Wisigoths Athanagilde, elle épouse vers 566 Sigebert 1er, roi d’Austrasie)
Les démembrements du territoire et l’instabilité des dominations locales sous les rois francs ne tardèrent pas à faire retomber les chemins dans leur état d’abandon primitif.
Il n’est pas question ici de retracer l’histoire des « voies de terre » dans le Pas de Calais. Nous retiendrons deux dates : 1789, la Révolution supprime les assemblées provinciales et met à la charge des départements l’entretien et la construction des routes et la loi de finances du 15 septembre 1807 visant à établir le cadastre parcellaire. Pourquoi  aborder le cadastre dans ces pages consacrées aux voies de communication ?
Parce que si ce terme désigne avant tout les documents qui sont à la base du calcul de la perception de l’impôt foncier, c’est aussi un précieux outil pour l’histoire des structures agraires et du paysage.
Avant le cadastre dit « Napoléonien » élaboré de 1807 à 1850, il n’existe pas de cadastre général couvrant l’étendue du territoire.
Après bien des essais et des tâtonnements, le cadastre parcellaire n’a été entrepris dans le Pas-de-Calais qu’en 1811 et n’a été terminé qu’en 1843 : il a donc duré 32 ans.
En ce qui concerne la commune de Sangatte  le tableau d’assemblage du plan parcellaire de la commune date de 1834 (Archives municipales) 3 grandes sections découpent alors le territoire communal  : La section A dite des «  Salines » qui englobe les Baraques, la section B dite des « Calimottes »*  et la section C  dite « du village ».
            Outre les Digues (Royale, Camyn et Mouron) seule une dizaine de voies relient les différentes sections entre elles : Le chemin des Salines, le chemin de Peuplingue à la ferme Dupont, le chemin de Sangatte à Calais, le chemin de Leulène, les chemins de la Basse Escalles ; Trois  rues traversent le village de Sangatte proprement dit : la rue du Cran, la rue du bout de haut et la rue du bout de bas.



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Carte des voies restaurées

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Le cadastre en 1834 (Archives municipales)

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Les Baraques - Cadastre 1834

 III



Au 19ème siècle, on distingue la grande voirie et la petite voirie, la première comprenant tout ce qui se rattache aux voies de communication d’intérêt général (chemins de fer, routes nationales et départementales, aux cours d’eaux navigables…. Et la seconde, tout ce qui est relatif aux voies de communication qui n’intéressent que les régions dans lesquelles elles se trouvent, c'est-à-dire aux chemins vicinaux, aux rues et aux places publiques des villes, bourgs et villages (la voirie urbaine).
L’ouverture d’une voie nouvelle doit être votée par le conseil municipal de la commune. Ce conseil délibère aussi sur le plan d’alignement qui doit être arrêté par le préfet. Un arrêté  du maire suffit pour attribuer un nom à une rue nouvelle ou changer celui d’une ancienne rue. (Répertoire général d’administration municipale et départementale 1873).
Au même titre que l’instruction primaire, la création et l’entretien des chemins communaux seront deux dépenses importantes comme l’atteste les nombreuses délibérations du conseil municipal de Sangatte tout au long du 19ème siècle.
La première délibération dont nous trouvons trace date du 9 mai 1838. Le maire est Monsieur Jean-François Oyer, le premier adjoint Louis Vieillard. « La séance ouverte, Monsieur le Maire propose au Conseil de voter la prestation en nature pour l’entretien des chemins communaux en 1839…. Après quoi le conseil municipal ayant délibéré émet le vœu que tout habitant, chef de famille ou d’établissement, titre de propriétaire, de régisseur , de fermier…porté sur l’un des rôles des contributions directes soit tenu pour l’année 1839 a une prestation en nature de
1° Une journée à un franc pour lui et pour chaque individu mâle, valide, âgé de 18 ans au moins et de 60 ans au plus, membre ou serviteur et résidant dans la commune.
2° Une journée à un franc pour chaque cheval en la proposition du chef de famille (homme ou femme) ou pour le service dont il est chargé.
3° Une journée à un franc de chaque charrette ou de chaque tombereau, non compris l’attelage, ni le conducteur.
Le maire aidé de l’agent voyer fixent  la répartition des ressources communales pour l’entretien des chemins et rédigent les extraits de rôles de prestation en nature.  En 1851, le maire est Isidore Trouille. Une délibération propose le classement  du chemin des Salines : «Messieurs les membres présents après en avoir délibéré demandent que le chemin des Salines soit classé vicinal depuis le cimetière jusqu’au hameau de la Grande Baraque, c'est-à-dire d’une longueur de 6000  mètres environ, ainsi il se reliera au chemin de petite vicinalité de Sangatte à la route nationale et servira donc les hameaux qu’il traverse y compris celui des Baraques qui renferme une population de plus de 300 âmes.



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Délibération de 1838


 IV



En 1863, le maire est Isidore Trouille. Le Conseil approuve le tracé du chemin de grande communication n° 41 de Berck à Gravelines sur le territoire de Sangatte entre les Baraques et Calais... En 1866, le maire est monsieur Vieillard. On délibère toujours sur la construction de la partie du chemin de grande communication n°41 dite section des Baraques. L’assemblée reconnaît l’utilité d’un chemin direct entre Calais et Sangatte.
Sangatte est dans les années 1870, un grand village perdu dans les dunes. Le moulin est le seul bâtiment de quelque importance et les meules de foins côtoient les balises du service maritime.
Dans cette zone très basse du polder, les chemins sont dans un triste état comme le constate en mars 1873, l’ingénieur des Ponts et Chaussées à l’occasion de la réfection du chemin départemental :
« Les eaux de pluie et de cours se répandaient un peu partout dans la rue, depuis la ferme Rohart, la dernière du village, jusqu’à la place où les eaux suivaient un fossé longeant l’école pour se déverser ensuite dans le watergang.
En construisant le chemin, on a régularisé le profil en long et donné au profil en travail une inclinaison. […] Lorsque les fermiers vident leur cours, le caniveau est rempli de purin et il est assez difficile aux habitants de le franchir pour rentrer chez eux ou pour en sortir.
L’aspect plutôt répulsif de Sangatte est tempéré par quelques maisons d’allure plus urbaine perdues au milieu des sables qui rappellent que le village est en pleine croissance démographique : 700 habitants en 1820, 1200 en 1872 et 1979 en 1881, date à laquelle on compte 451 ménages qui occupent 459 maisons.
Mais le caractère pastoral et rural de l’économie Sangattoise ne doit pas faire oublier qu’une station  balnéaire commence à se développer.
Voici la description qu’en donne le correspondant du Journal de Calais en 1875 qui n’hésite pas à évoquer à l’occasion le développement de Trouville et d’Etretat :
« Des personnes qui aiment l’air salubre font élever depuis peu de très jolies petites maisons, dont plusieurs sont actuellement occupées par leurs   propriétaires. D’un autre côté, nous voyons chaque année, des familles se donner rendez-vous chez nous pour y passer la saison des bains ».
N’oublions pas que la seconde moitié du 19ème siècle aura vu la construction des églises de Notre-Dame de la Salette et de Saint-Martin, la première tentative du percement du tunnel sous la Manche.
 
Vous pouvez consulter les anciens plans cadastraux à la Médiathèque de Sangatte Blériot-Plage, rue Abbé Limoisin.




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Plan de la section B - Cadastre 1834
Sangatte à la fin du 19ème siècle

 Bibliographie


"Le premier chantier du tunnel sous la manche" - 1875-1883
IN "Tome XIX d'histoire et d'archéologie du Pas-de-Calais 2001"
Christian Borde


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